BFM misleading assertions about “radicalisation in sport”
BFM’s misleading assertions about “radicalisation in sport”
ADM returns to a report by BFM dealing with the topic of “radicalisation in sport” and shares his experience in Lagny-sur-Marne, a city taken as an example by the information chain.
October 22nd, 2018
On 10 October, BFM mentioned, in a report, the topic of “Islamist radicalisation in sport”. To illustrate his remarks, the channel broadcast the images of the football stadium of Lagny-sur-Marne and is based, in particular, on the Government site “StopDjihadisme” which reportedly identified “829 cases of radicalisation”.
Unfounded assertions
ADM took care of the file of Lagny-sur-Marne, a city in which inhabitants were victims, following the establishment of a State of emergency, searches and residence assignments.
According to BFM, “two coaches from a local football club were suspended by the municipality after discovering their proximity to radical Islamist circles.”
The “prayers in the middle of the football fields” would have “put the flea in the ear of the Prefecture”.
It is important to note that these assertions are misleading. These people were first of all not “coaches” but volunteers of a sports association. Not being employees, the town hall was unable to “suspend” them from their duties. They did not, moreover, pray in the stadium as heard by BFM.
Who are these young people quoted on BFM?
These two youths were assigned to residence during the two years of State of emergency. Fathers of the family with young children, these administrative measures have changed their lives by touching their reputation and that of their families. Leaving them in a situation of great precariousness, they were banned from leaving the city. They were stigmatized, shown the finger, they could not find work and re-enter a social life.
You have to know:
- Qu’aucune condamnation n’a été prononcée contre ces personnes pour des faits de terrorisme.
- Qu’aucune de ces personnes ne présente des signes d’extrémisme violent.
- Que ces personnes condamnent elles-mêmes le terrorisme.
En réalité, ce qui leur est reproché est leur pratique de leur religion assidue ainsi que leur participation trop active au sein de la vie de la cité.
Les critères de radicalisation sont discriminatoires
Nous avons alerté les instances nationales et internationales sur le site gouvernemental « StopDjihadisme », devenue une plateforme de règlements de comptes. Le rapport ADM 2017 souligne que « les mesures d’Etat d’urgence sont la plupart fondées sur des signalements par le biais de cette plateforme et proviennent de dénonciations calomnieuses souvent faites par des proches de la personne. »
Les critères de radicalisation sont basés essentiellement sur la pratique religieuse assidue. Lors du précèdent rapport sur l’état d’urgence, ADM a demandé la suppression des critères de radicalisation liés à la pratique et à l’apparence de la religion musulmane ; la révision des critères avec une réelle étude concertée nourrie par tous les acteurs et non seulement avec ceux qui disent ce qu’on a envie d’entendre, ce qui s’avère contreproductif et dangereux.
Plusieurs études internationales approfondies ont confirmé nos travaux et on également conclu à la contre-productivité des mesures sécuritaires liées à la lute antiterroriste. Un rapport du PNUD [1] — qui s’appuie sur 718 entretiens menés au cours des trois dernières années en Afrique de l’Ouest et de l’Est sur des djihadiste de Daesh et al-Qaida — relevait les facteurs conduisant à l’extrémisme violent. L’étude concluait que ces derniers étaient généralement liés à l’exclusion, la discrimination, les abus de pouvoir des autorités de l’Etat et constatait finalement que la majorité des personnes ne possédait aucune connaissance de l’Islam. L’étude souligne par ailleurs que « recevoir au moins six années de scolarité religieuse réduisait de 32 la probabilité de rejoindre à un groupe extrémiste ».
Les instances internationales ont mis en garde contre le ciblage religieux visant les musulmans.
La Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la promotion des droits de l’Homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste, à l’issue de sa visite en France, en mai 2018, a indiqué qu’« il apparaît clairement que la communauté musulmane française est celle qui a été principalement visée par des mesures d’exception aussi bien pendant l’état d’urgence et SILT. Elle s’est dite inquiète « de voir que la minorité musulmane est perçue en soi comme un ‘groupe suspect’ du fait de l’application étendue et prolongée des lois antiterroristes » [2] créant encore davantage de stigmatisations.
En conclusion, il est impératif de supprimer les critères de radicalisation basés sur la pratique religieuse musulmane. Ceci conduit à stigmatiser une partie de la population et a exacerbe les tensions comme avec ce reportage de BFM. Les autorités doivent veiller au respect des droits fondamentaux et protéger toute la population y compris les musulmans. Il est aussi vital que certains médias cessent de donner la parole à des pseudos-experts en radicalisation et/ou en islamisme qui discriminent les musulmans et dont les travaux ne reposent sur aucune expertise solide.
[1] PNUD Programme des Nations Unies pour le développement (Journey of young Africans into violent extremism marked by poverty and deprivation : UNDP-Sep 7, 2017)
[2] United Nations, preliminary conclusions of the visit: the United Nations Special Rapporteur on the promotion and protection of human rights and fundamental freedoms in counter-terrorism concludes her visit to France, 23 May 2018, https://www.ohchr.org/fr/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=23128&LangID=F